« Le
Mars, torpilleur au destin tragique »
1928 –
1942
L’année 2026 marque les 400 Ans
de la Marine nationale, avec la nomination en 1626 du Cardinal de Richelieu,
principal ministre du roi Louis XIII, comme Grand Maître, chef et Surintendant général
de la Navigation et du Commerce de France, et la mise en service d’une
véritable marine de guerre d’Etat.
La découverte d’un lot de photos
anciennes, dans un vieux parapheur contenant divers papiers et journaux, nous a
semblé être l’occasion de participer à cet anniversaire. En effet, il s’agit de
14 photos, prises principalement en 1938 – 1939, par François Ducrocq, marin à
bord du torpilleur « le Mars », et qui décrivent le quotidien de
l’équipage de ce navire. L’indentification du photographe a été possible grâce
à la mention de son nom derrière une des photographies, et la période de prises
des vues peut être estimée en fonction de la date du Père Cent célébré par
l’équipage en février 1939.
Les élèves du groupe A de
Seconde 04 du lycée Arthur Varoquaux ont donc effectué des recherches sur ce
torpilleur de la Marine nationale lors des cours d’EMC, en analysant les
photos, en consultant bien sûr internet, mais aussi le catalogue des flottes de
guerre pour l’année 1929, afin de trouver des informations et légender les
illustrations, toutes inédites sur internet. Cette recherche constitue donc un
apport à la connaissance de la Marine nationale de l’Entre-deux-Guerres via ce
bâtiment.
Intéressons - nous maintenant au
torpilleur « le Mars » !
1- Les caractéristiques
du torpilleur « le Mars ».
Voici, avec un côté très
technique, les caractéristiques du torpilleur selon le livre sur les Flottes de
Guerre, pour l’année 1929. Un torpilleur est un grand navire de guerre très
rapide et léger. Il est muni de torpilles afin de les lancer sur les
navires ennemis par des manœuvres rapides et audacieuses, et d’engins explosifs
comme des grenades afin de lutter contre les sous-marins.
Construction :
·
Chantier naval : Chantier Naval
Français, à Caen (Normandie).
·
Mise sur cale (début construction) : 8 juillet
1925.
·
Lancement : 28 août 1926.
·
Entrée en service : 20 janvier 1928.
Caractéristiques techniques :
· Type : torpilleur (classe l’Adroit). Ce
navire avait des « jumeaux » ayant les mêmes caractéristiques
techniques, formant un groupe de 14 torpilleurs.
·
Longueur : 105,6 m.
·
Largeur : 9,44 m.
·
Tirant d’eau : 3 m 1.
·
Déplacement : 1390 tonnes.
·
Vitesse maximale : 33 nœuds (environ 61
km/h).
·
Puissance : 33 000 chevaux.
·
Equipage : 7 officiers et 133 hommes.
Armement :
·
4 canons de 130 mm.
·
2 canons antiaériens de 37 mm.
·
6 tubes lance-torpille de 550 mm.
·
22 grenades anti-sous-marines.
2) Ses missions.
Le Mars se distingua lors de
deux types de mission en temps de guerre. A partir de 1937, et jusqu’en 1938, il
patrouilla au large de l’Espagne, alors en guerre civile, vers les Baléares, avec
deux autres torpilleurs, afin de faire respecter l’embargo sur les armes,
c’est-à-dire empêcher l’approvisionnement en armes des belligérants, et veiller
à la présence d’éventuelles mines posées au large de la côte. Le 24 octobre
1937, il recueillit 23 membres d’équipage d’un cargo coulé par deux hydravions
allemands. Lors d’une escale à Palma de Majorque, certains membres de
l’équipage auraient manifesté leur sympathie pour les Républicains, en levant
le poing, ce qui provoqua une plainte des Nationalistes.
C’est au cours d’une patrouille
que le torpilleur essuya un très fort coup de vent qui le fit tanguer de façon
impressionnante. Un marin, François Ducrocq, prit deux photos impressionnantes.
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| Photo d'un coup de vent au large de l'Espagne, lors d'une patrouille (selon le texte tronqué au verso) avec la signature "François Ducrocq" |
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| La même photo, avec un format plus petit, prise au milieu du bâtiment, à tribord. Les grosses vagues balayent le pont. |
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| Toujours le gros coup de vent, sous le regard de marins attroupés sur le pont malgré les vagues. |
Durant la Seconde Guerre
Mondiale, le Mars fit partie de l’escorte de convois, trois fois, avec le convoi
2R2 entre Oran et Marseille entre les 29 et 30 octobre 1939, et le convoi 44 XF
entre Le Verdon et Casablanca entre le 29 mars et le 2 avril 1940, puis un
dernier entre Gibraltar et Brest du 15 au 17 avril 1940. Ensuite, ce fut
l’Armistice, et le Mars ne fit plus aucune mission de guerre. Il stationna à
Bizerte en 1941, puis resta à Toulon par la suite, avec une activité maritime
limitée.
3) La vie de l’équipage.
En dehors de ces missions de
guerre, le torpilleur « le Mars » se rendit aussi à Dakar, au
Sénégal, alors capitale de l’A.O.F. (Afrique Occidentale Française).
Sur le navire, les soldats avaient
peu d’activités physiques, mais ils devaient en faire pour garder leur forme
pour d’éventuelles missions, et donc ils faisaient de la musculation. François
Ducrocq prit quelques photos de ces étapes au Sénégal, montrant aussi les
divertissements de l’équipage lors d’autres escales (dans des lieux non
identifiés malheureusement).
A- Les
activités physiques : corde à sauter sur la proue du navire, musculation
au sol (haltères et anneaux).
B- Un couple de Sénégalais pris en photo.
C- Les distractions : un "carnaval", tabac et alcool, et le Père Cent !
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| Parodie de remise de décoration, avec des uniformes fantaisistes. |
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| Photo de groupe, avec seau de bière, vin et tabac. |
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| Le verso de la photo avec "le fou de 1ère classe du Mars". |
D- Les camarades en poste à Dakar.
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| Le service intendance et son personnel, à Dakar, A.O.F., avec les noms des officiers. |
E- Une corvée : repeindre le navire.
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| Verso : "toilette du Mars". |
4) La fin du torpilleur
« le Mars ».
Durant la Seconde Guerre
mondiale, le torpilleur a principalement opéré en Méditerranée avant de
connaître un destin tragique. Désormais amarré à Toulon, avec le gros de la
flotte de guerre française, le Mars reste sans utilité militaire. Le 11
novembre 1942, les Allemands envahirent la Zone Sud afin de répliquer au
débarquement anglo-américain en Afrique du Nord (Opération Torch). Que
faire ? Rejoindre les Alliés ? Laisser les Allemands prendre les
navires de guerre ? Finalement, le 27 novembre 1942, après une attaque
aérienne allemande, son équipage a choisi de le saborder à Toulon pour empêcher
l'armée allemande de s'en emparer : le navire fut détruit volontairement
avec des explosifs. Le Mars n’était plus qu’une épave inoffensive qui fut
ferraillée plus tard. Des dizaines d’autres magnifiques navires de guerre français
connurent le même sort ce jour-là. Ce geste de sacrifice a définitivement
marqué l'histoire de la Marine nationale française.
Un grand merci à François Ducrocq pour nous avoir laissé ces photos si instructives ! Nous espérons pouvoir l'identifier un jour de façon plus précise, mais nos recherches biographiques n'ont rien donné pour l'instant.
Bibliographie et
sitographie :
Flottes de Combat, année
1929, Paris, Etat-major de la Marine, par P. Vincent-Bréchignac, capitaine de
vaisseau de réserve. La fiche du torpilleur le Mars est page 39.
https://envelopmer.blogspot.com/2021/03/torpilleur-le-mars-1936-guerre-despagne.html
Seconde 4 Groupe A :
BENMOUNAH Elyas
CLERC Alicia
DA MOTA MAGALHAES Timo
DEMIR Esma-Merve
ELANGA BOTULI Brunie
FISCHER FAIVRE Apolline
FOUACHE Oscar
HANINE Ayoub
HAUTECOUVERTURE Alwena
HUBLER Gwenaëlle
HUEBER Aaron
IKIREZI GANZA Neza
KEISER Leann
KILINC Miran
Sous la direction de Jérôme
JANCZUKIEWICZ, professeur d’histoire-géographie.























